Au moment ou l’Association des Groupes des Orpailleurs de Guinée (AGOG) émerge sur le terrain, des opérateurs économiques locaux connaissent des difficultés en Guinée. M.Amadou Oury Diallo alias ‘’Diallo Sadakadji’’, PDG de la Société de Construction Enco5, a quitté la Guinée pour une destination inconnue. Il en est de même pour Elhadj Bouna Kéïta, Directeur Général de la Batax-Bouna International Mining Corporation qui a disparue de la circulation.
Le départ de M.Bouna Kéïta inquiète plus d’un. Notamment du fait que sa société Batax-Bouna International Mining Corporation avait signé, le 22 juillet 2009, un protocole d’accord pour la reprise de la recherche et de l’exploitation du Diamant dans un périmètre situé dans la préfecture de Kérouané. Il se trouve que, selon des sources proches du ministère à la Présidence chargé des Mines et de celui en charge de l’habitat et de la Construction, le gouvernement guinéen tient à reconsidérer ledit protocole. Le Gouvernement souhaiterait, constate-t-on, donner l’exclusivité de l’exportation et de la commercialisation de l’or et du diamant à une nouvelle jointe venture issue de la mis en œuvre de l’accord cadre de partenariat entre la Guinée et China International Fund (CIF) et China Sonangol International Holding Singapour.
Pour se faire l’Etat Guinéen et Africa Development Corporation (ADC), une filiale de CIF et China Sonangol, négocient actuellement à Conakry, cette joint-venture. Dans celle-ci, la Guinée ou son représentant détiendra 40% et ADC 60%. Laquelle, dit-on, sera l’unique et exclusif partenaire du pays pour l’achat, la commercialisation et l’exportation des diamants et Or. Cette joint-venture sera investie des pouvoirs du Bureau National d’Expertises des Matières précieuse (BNE) et de ceux de la Brigade Anti Fraude des Diamants et Matières précieuses (BAFDMP).
Il est reproché à l’actionnaire principale de la Société Batax-Bouna, le suédois Wiktor Kubiak, de n’avoir pas respecté le paiement du ticket d’entrée de 30 millions $US au Trésor public. Chose qui devrait être faite dans un délai d’un mois, à compter de la date de la signature du protocole d’accord.
En effet, le repreneur d’Aredor n’arriverait pas à lever des fonds par manque de convention de concession minière. Même si le ministère de tutelle avait annulé en juin dernier, le permis d’exploitation accordé à Aredor First City Mining sans le réattribuer à quelqu’un d’autre. Cette concession, étant amodiable et cessible, selon le Code Minier de 1995, aurait permis au repreneur de se faire des prêts auprès des milieux financiers pour relancer l’exploitation industrielle des diamants en Guinée. Ainsi que la poursuite de la recherche des Kimberlites.
Cependant, les négociations de cette nouvelle convention de concession devraient débuter dans le but délivrer une concession minière à Batax –Bouna International Mining Corporation, dans un délai de six mois, à compter de la date de la délivrance du permis d’exploitation (ici il s’agit du transfert officiel de la société). Le Directeur Général de la Batax-Bouna International Mining Corporation, Elhadj Bouna Kéïta, a dû, selon plusieurs proches de l’intéressé, s’exiler à Dakar via Banankoro, raconte plusieurs enquêtés. Elhadj Bouna aurait subit des menaces de la part de certaines autorités militaires du pays qui protégeraient certains gros bonnets qui exploitent illégalement le périmètre d’Aredor.
Mais selon d’autres sources, c’est la lettre de sommation de payer ce ticket d’entrée qui a précipité le départ d’Elhadj Bouna de Conakry pour Banankoro. Il aurait regagné le Sénégal (ce qui est à confirmer), le lendemain de la tentative d’assassinat du Capitaine Moussa Dadis Camara survenue le 3 décembre dernier.
Au delà de Batax-Bouna, si cette joint-venture est signée, ce sont plusieurs intérêts des nationaux qui seront mis en cause. Car, ça sera à ADC de délivrer les autorisations d’ouverture des comptoirs dans lesquels évoluent plusieurs guinéens.
C’est dans ce contexte que l’Association des Groupes des Orpailleurs de Guinée (AGOG), agréée le 11 novembre dernier, entend redynamiser ses activités. Il y a déjà eu la mise en place de ses antennes préfectorales à Siguiri, N’Nzérékoré, Mandiana, Dinguiraye et Kankan. En plus de son Conseil d’Administration , l’AGOG dispose d’un conseil des Sages chargé de régler certains conflits et de veiller à la concrétisation de son slogan à savoir : « être ensemble pour un meilleur avenir des Orpailleurs en Guinée ».
Le Président de l’AGOG, M. Elhadj Oumar Sacko entend réorganiser le métier d’orpailleur, en unissant les acteurs de cette profession. Depuis, l’Assemblée Générale Constituante, tenue le 25 avril 2009, Conakry, le Secrétaire Général de l’AGOG, M.Sidiki Sangaré multiplie les rencontres de promotion à travers un processus de communication portant sur les vertus de l’ONG. Quant à la Secrétaire à l’Organisation, Madame Amina Sylla, elle a déployé, dit-on, assez d’efforts pour la ruée vers l’AGOG des nouveaux membres.
Réaction du ministre Mahmoud Thiam suite à un article paru sur le site de L’Aurore
Le ministre à la Présidence chargé des Mines de l’Energie et de l’Hydraulique, M.Mahmoud Thiam réagissant au précédant article consacré à ce sujet, soutient : « la Joint-venture entre le BNE et ADC met les moyens matériels et financiers à la disposition de la Brigade anti Fraude et du Service de pesée et d analyse. Elle n’en prend nullement les prérogatives ou les responsabilités. Ces fonctions sont souveraines. De plus, il n y a pas d’exclusivité sur l achat et la vente. Les comptoirs existants restent et de nouveaux peuvent être créés librement ».
Abordant la note circulaire portant sur la gestion du courrier du ministère des Mines (nous en avions fait cas dans un précédent article), M.Thiam enchaîne qu’ « une administration, qu’elle soit publique ou privée, doit être structurée, professionnelle et disciplinée, si elle doit remplir sa mission. Les fuites de documents, même non confidentiels, violent les règles de l’éthique et parfois même de la loi. Demander aux cadres d’une administration de respecter ces règles élémentaires est en droite ligne avec les besoins de restructurer et professionnaliser la manière dont nous fonctionnons. La transparence ne nécessite pas la violation de ces principes ».
Toute fois, signalons que la Guinée a été suspendue de l’initiative de transparence dans les industries extractives (ITIE) le 18 décembre dernier, pour une durée d’un an renouvelable. Notamment à cause de la situation politique incertaine dans laquelle vit le pays, depuis le 23 décembre 2008.