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Suite à la panne technique de la chaudière n°3 de la raffinerie de Friguia le 6 février, occasionnant des brûlures thermiques du contremaître Mamadou Diongassy Bah, la Direction Générale de cette usine sous contrat de location gérance de Alumina Company of Guinea (ACG), filiale de RusAl, a entrepris l’audit technique complet qui doit déterminer les causes exactes de la désintégration d’une partie de cette chaudière.
M. Mamadou Diongassy Bah en traitement à l’hôpital Kimbo-ACG (ex Pechiney) se remet petit à petit de sa souffrance malgré quelques séquelles. « Franchement, je n’arrive pas à dormir à cause des cauchemars qui me hantent » dit-il.
Sur les circonstances de l’accident M.Bah explique « nous tentions de redémarrer la centrale énergétique pour réparer la chaudière quand il y a eu l’explosion de la chaudière. Ainsi j’ai été atteint au visage et au bras ».
M.Bah qui travaille au niveau de cette centrale de l’usine de Friguia depuis 1968 ne rêve pas intenter procès contre son employeur et s’oppose même à la diffusion de l’image de ses brûlures. Malgré l’insistance de ses collègues qui souhaitent qu’il soit transféré dans un hôpital spécialisé en Europe ou encore en Amérique, M.Bah demeure stoïque cependant par cette réplique à ses amis « je m’en remets aux observations du collège médical qui fait tout son possible pour mon traitement rapide et efficace ».
La Direction de l’hôpital Kimbo-ACG est optimiste quant au sort de M.Bah. Le chirurgien principal, M Diallo Alpha Hassimiou confirme que « Bah avait des brûlures thermiques dues à la vapeur chaude mais son pronostic est bon. Il mange, bois, marche et s’exprime bien. Il va bientôt quitter l’hôpital pour son domicile ».
Aux dires d’un cadre de ACG qui a requis l’anonymat « M.Bah Mamadou Diongassy est un excellent technicien qui a été formé dans plusieurs pays comme la France. C’est malheureux qu’il soit accidenté à l’heure où il s’apprêtait à faire valoir ses droits à la retraite en décembre 2006. Mais en réalité, cette panne est due au manque de groupes diesels qui devraient supporter la charge quand les chaudières cèdent ».
Mamadou Dian Diallo, ancien contremaître adjoint à la manutention dans cette société Friguia du 16 janvier 1958 à sa retraite en décembre 1985, estime que la panne est due au manque d’entretien, et d’expliquer : « à notre temps chaque fois on arrêtait un four pour entretien alors que les deux autres travaillent et nous n’avions eu aucun problème de panne. Et pour entretenir un four il suffisait de l’arrêter pendant quelques jours afin qu’il refroidisse avant de changer les briques endommagées avec du ciment réfractaire ».
Quant à l’aide ingénieur des Télécommunications Mamadou Saliou Barry « le manque d’entretien et de rénovation, il faut reconnaître, RusAl a investi des fonds importants pour ce volet, mais les jeunes russes qu’elle a importés ne savent organiser une maintenance préventive. Sinon à un an de sa retraite, on aurait pu lui éviter des brûlures de 2ème degré».
Selon l’attaché administratif de la Préfecture, Barry Ibrahima Sory (BIS) « depuis 2000, il n’y a pas eu arrêt général pour la révision, alors que le vieillissement des installations demeure patent ». Le maire de la commune El Hadj Mamadou Silly Diallo espère la reprise de la formation professionnelle des jeunes cadres avenir de l’usine.
En fin analyste, M.Koïta…. chef service préfectoral Mines de Fria, prévient « les causes de la panne se résument par la vétusté des installations et le manque des pièces de rechange. Mais il faut noter que RusAl est coopérative depuis son entrée à l’usine, mais le manque de pneus et de camions est notoire à ce jour et cela cause un sérieux préjudice à l’exploitation ».
Pour l’instant, les techniciens du Département des Mines et de la Géologie, MM.El-Hajj Alimou Diallo, Al-Hassan Onipogui, Moumini Sylla, El-Hajj Ibrahima Sory (Sorel) Camara et Sékou Soumah qui ont expertisé la panne, ne se sont pas prononcé sur les causes de la panne.
Le 12 février, la turbine n°3 a été mise en arrêt technique pour monter le niveau d’eau dans les réservoirs de la centrale. Le lendemain, l’administration terminait le dépannage de trois chaudières légèrement ralenties par la panne de ladite chaudière, ce qui a facilité le fonctionnement des deux turboalternateurs.
La raffinerie a repris la production de l’alumine à 92%. L’approvisionnement de la cité de Fria en eau et électricité a repris avec un léger délestage par endroit dû aux besoins de l’usine pour équilibrer son fonctionnement. Depuis le 11 février, le four de calcination n°1 fonctionne à plein temps et le four n°3 a également repris le 12 février. Les 12 composeurs fonctionnent en régime préférentiel. Trois autres tournent en régime combiné.
La compagnie RusAl vient de livrer par avion cargo les trois groupes électrogènes de six Mégawatts chacun, pour l’approvisionnement de la cité en électricité, en attendant la réparation de la chaudière n°3 (80 barres) et la finition de la chaudière n°5 d’une capacité de 150 barres. Le coût du transport de ces trois moteurs électrogènes est estimé à plus d’un million d’Euros par la Représentation de RusAl en Guinée.
Le 12 février, un groupe d’experts a débuté l’évaluation de l‘état de la chaudière n°3 et des possibilités de sa réparation et les travaux de mise en exploitation de la chaudière n°5 qui poursuivent un rythme accéléré.
Le 14 février, les travaux de réparation des turboalternateurs n°4 et 5 n’étaient pas encore achevés. Mais 21 décomposeurs fonctionnaient et la fourniture d’eau et d’électricité s’améliorait.
Le 15 février, la production de l’usine s’est stabilisée au rythme de 2 400 tonnes par jour.
Aboubacar Akoumba Diallo
Envoyé spécial
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